16 août 1944 : le bombardement de Saint-Martin le Vinoux

La Buisserate, avant le passage des bombardiers.
La Buisserate, avant le passage des bombardiers.

SOUVENEZ-VOUS, IL Y A 65 ANS...

Les durs bombardements par les alliés sur la région grenobloise: deux bombardements, le 26 mai et le 6 juin 1944. Onze jours seulement séparent ces deux dates ! Puis un autre, le 16 août 1944…

Fin mai 1944, deux divisions allemandes sont dans la région: la 157ème division du Général Pflaum, et la 148ème division du Général Oto Fretter Pico. Décidé par les Etats-Majors US, ce jour-là, 700 bombardiers lourds décollent d’Italie. Leur cible se trouve 1200 kms plus loin. Il s’agit d’attaquer les gares de triages de Nice, Grenoble, Chambéry, Lyon, Saint-Etienne, et les ponts sur le Rhône. La 15ème Air-Force dirige sur la gare de triage de la Buisserate 69 B24 « Libérator », en deux vagues d’attaque. A 10h41, la 1ère vague de B24 larguent 341 bombes, et la seconde vague 294 bombes. Soit un total de 158,750 tonnes de bombes qui explosent au sol, des bombes à explosif brisant qui provoquent d’énormes trous. 42 de ces bombes tombent sur la gare, soit 6,6% des charges larguées !!... Les dégâts sont très importants aux alentours. On déplore 37 morts à Saint-Martin-le-Vinoux et 19 à Saint-Égrève. Un bilan très lourd pour un résultat discutable. Des photos ont été prises par les avions, avant, pendant et après le raid. Elles sont consultables aux Archives.

 

La Buisserate, après le passage des bombardiers. La boulangerie, la mercerie et la ferme Gaude ont été détruites. Dans cette attaque, M. Gaude a perdu sa femme et deux de ses enfants. Un autre avait été grièvement blessé.
La Buisserate, après le passage des bombardiers. La boulangerie, la mercerie et la ferme Gaude ont été détruites. Dans cette attaque, M. Gaude a perdu sa femme et deux de ses enfants. Un autre avait été grièvement blessé.



16 AOÛT 1944 :

 

 

 

 

 

 

UN AUTRE BOMBARDEMENT MEURTRIER

Les alliés viennent de débarquer en Provence et la 11ème division blindée Panzer-SS tentent de rejoindre les plages du Débarquement. En Isère, seulement deux ponts de chemins de fer demeurent utilisables : Pont Saint-Esprit et Pique-Pierre qui vont donc devenir des cibles. La XVème Air-Force prend comme objectif ces ponts et décident l’attaque de Saint-Vallier, Saint Pierre-d’Albigny, Grenoble Pique-Pierre, et les ponts sur le Rhône, avec 108 bombardiers B17 « Forteresse Volante ». Parmi ceux-ci, vingt bombardiers attaquent le pont de Pique-Pierre à 11h25 et larguent 150 bombes dites « soufflantes » sur le pont. Malheureusement, la réussite est nulle : 0 %. Le pont est raté mais les dégâts sont considérables et, surtout, les morts sont très nombreux !!… Un ratage de cet ampleur a laissé croire au bombardement « en tapis », transformé en raid de terreur sur les journaux, par la propagande nazi. Espérons que personne ne croit une telle propagande car le bilan de ce raid est d’autant plus désastreux que la 11ème division blindée SS, prise à partie par les chasseurs bombardiers alliés, a eu beaucoup de mal à manœuvrer pour éviter sa destruction complète. Photos et documents sont consultables.

Renseignements recueillis par J-Michel DIEBOLT

auprès de M Gaude-Barbier, ancien du GM 1/31 LORRAINE, blessé et sinistré du raid du 26 mai 1944 (maison détruite). Il a mené sa propre enquête entre 1994 et 1997.

 

Vue aérienne de Saint-Martin le Vinoux après le bombardement. Tous les points blancs sont des cratères causés par les obus.
Vue aérienne de Saint-Martin le Vinoux après le bombardement. Tous les points blancs sont des cratères causés par les obus.

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Commentaires : 2
  • #1

    MAGNIN Jacques (mercredi, 11 avril 2012 14:55)

    Bonjour Monsieur Diebolt,

    Mon père Joseph MAGNIN né le 26 mars 1923, ancien résistant, est décédé le 10 juin 2008. Premier adjoint au maire de Saint-Martin le Vinoux pendant 14 ans, mon père a perdu ses parents victimes du bombardement à la Buisserate (rue de l'Isère, dernière maison à droite avant l'autoroute voie sans issue). Mon père était au maquis et s'est rendu immédiatement sur les lieux quand il a su que le bombardement était sur la Buisserate. Il a trouvé ses parents morts, sa maison détruite.
    Merci pour votre site que je viens de découvrir et qui relate ce douloureux événement.
    JM
    courriel : jac.magnin@orange.fr

  • #2

    Masticating Juicer (samedi, 13 avril 2013 03:23)

    This post was in fact just what I had been looking for!